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Zol Tahar Ben Târiq

Poèmes divers 13 juillet 2005
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Chaque homme porte en soi la forme entière de l’humaine condition.

(Michel Eyquem de Montaigne)

Quand je suis réveillé, regorgeant d’énergie
Que je fonce en un mot vers tout ce qui s’agite
Et que nul ne résiste à mon autorité
Je sens mon cœur qui bat car je conquiers le monde

Quand je suis au travail et que rien ne m’arrête
Quand je mugis de rage et que mes pieds frémissent
Lorsque je me délecte de toute symphonie
Ma colère s’apaise ; enfin je te regarde

Quand je suis hésitant et que ma foi vacille
C’est que mon autre moi s’oppose à mes désirs
Mais dès que je débats d’un sujet opportun
Mon esprit s’illumine et je me réalise

Quand je me sors enfin de cette carapace
Et que je veux alors rencontrer des amis
Je peux enfin montrer toute ma volupté
À tous ceux que surprend ma réserve timide

Quand je pars en voyage, que j’aime la savane !
Ses secrets, ses intrigues et sa vie frissonnante
Alors je suis le roi des espaces brûlants
Nul ne peut s’opposer à mon désir de vaincre

Quand je reste chez moi dans mon milieu intime
Je peux alors songer à tout ce qui m’inspire
Mon empathie me sert à comprendre l’humain
Mais je reste prudent car je sais qu’on me guette

Quand je suis contre toi la nature me berce
Là, bien loin des conflits des lazzis et du bruit
Quelques dessins m’apaisent et j’entends le violon
Qui joue la symphonie des défuntes saisons

Quand je suis étendu sur le sable brûlant
Et que je vois passer tous ces êtres déchus
Je ne regrette pas de les laisser pour compte
Car ils sont sans orgueil, juste objets de mépris

Quand je suis en voyage sur des terres lointaines
Et que je réfléchis au parcours des humains,
Aux civilisations qui ont peuplé la terre
Je me sens envahi par le doute et je pleure

Quand je parais glacial et que mon cœur palpite
Lorsque je crains la vie comme un loup solitaire
Et que je prends ma lourde tâche à bras-le-corps
J’oublie la vie banale, ses vaines illusions

Quand je vis dans ma tête et que tu parles enfin
Lorsque je réfléchis à ces bonheurs possibles
Et que les éléments s’enfuient si loin de moi
Je me sens rejeté et me rentre en moi-même

Quand je suis près de toi je sais ce que tu penses
Tu sais que je m’attache à vivre pour autrui
Même si je balance entre rêve et réel
Je te reste fidèle et j’en perds la raison.

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