Viviane Lamarlère

 

Bords de mer en Guyane
  • Texte proposé par : Viviane Lamarlère le 18 avril 2005


    Là-bas.
    Survivre. Ciel bleu au matin rageant le soir. Et dans l’entre-deux, un voile lourd. Une mer aussi marron que les esclaves aux échappées belles ou sordides, se terminant souvent la face dans l’eau du fleuve.

    Au pays de la sapotille
    Il y a des armées dantesques
    De crabes, triste soldatesque
    Dont l’attirail n’est que brindille
    Face aux orteils qui s’envasouillent
    Vont à la pèche aux corps qui grouillent
    En dessinant des arabesques
    Invisibles
    Et pour cause..

    Là-bas. Un peu d’air frais par fois remonte de la mer. Alors, se perdre dans les haies d’épineux dont les fruits résonnent de leurs noms barbares.

    Au pays des banacoco
    Les étrilles en bleu treillis
    Ne se cachent dans les taillis
    Et ne connaissent jamais l’eau.
    Leur univers est fait de vase
    Ils ne fréquentent pas les huîtres
    Dont ils craignent l’humeur élytre
    Cyclothymique comme un huis
    Clos
    Et pour cause...

    Là-bas. La mer vient s’échouer lamentable sur des non-plages de non-sable, et pour cause, c’est de la non-eau, du sirop de vagues.

    Comme ils sont lointains les abysses
    Chocolat crème, douce pelisse
    De sable mer que damasquine
    Les carcasses de leur chitine.
    On ne les entend pas crier
    Car ils sont muets les crustacés.
    Seuls au grand large les cétacés
    Se doutent un peu de quelque chose
    Et pour cause

    La mer croque les matelots
    En écho
    Inaudible

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