Commentaires

15 décembre 2018

Page: 1 | 2

JE PASSAIS ... 5 juillet 2009, Alan IP:173.89.9.41


Voici le poème et le nom du poète :

LE JARDIN

Je passais — J’entendis de la route poudreuse
Que derrière le mur on riait aux éclats.
Et je poussai la porte. — A travers les lilas,
Voici ce que je vis dans la maison heureuse :

Un tout petit enfant essayait au jardin,
Au doux enchantement de sa mère ravie,
Dans le parterre en fleurs, et sur le gazon fin
Ses pas, les premiers pas qu’il eût faits de sa vie.

Cher amour ! il allait tout tremblant, il allait,
Avançant au hazard son pied mignon et frêle,
Hésitant et penché, si faible, qu’il semblait,
Que le papillon dût le renverser de l’aile.

Impatient pourtant, Ă©gratignant le sol
De son pas inquiet, avec l’ardeur étrange
Et les trémoussements d’oiseau qui prend son vol…
Dans les petits enfants il reste encor de l’ange.

Et lui, se pâmant d’aise à ce monde inconnu,
Suivait l’oiseau qui vole ou parlait à la rose,
Et tout en gazouillant quelque charmante chose,
Ouvrait toujours plus grand son grand œil ingénu.

Et l’on voyait alors les splendeurs de l’espace
Et les candeurs du ciel et les gaietés de l’air,
Et luire ce qui luit et passer ce qui passe
Dans le tout petit ciel de cet Ĺ“il pur et clair.

Parfois il s’arrêtait, tournait un peu la tête
Vers sa mère orgueilleuse et toute à l’admirer,
Et repartait avec de grands rires de fĂŞte,
Ces rires si joyeux qu’ils vous en font pleurer.

Oh ! la mère, elle Ă©tait Ă  ne pouvoir dĂ©crire
Avec son geste avide, anxieux, étonné,
Et de tout son amour couvrant son nouveau-né
Et marchant de son pas et riant de son rire.

Elle tenait ses bras étendus vers l’enfant,
Ainsi qu’on tend les bras vers le fruit que l’on cueille,
Le défendant de mal comme un rosier défend
Le bouton de sa rose avec ses mains de feuille.

Elle suivait ainsi, courbeé et pas à pas,
Regardant par instant, dans un muet délire,
Un homme assis plus loin et qui feignait de lire
Et souriait, croyant qu’on ne le voyait pas.

C’était bien le mari et plus encore le père,
Qui tâchait de porter l’ivresse dignement,
Et dont les doux regards allaient furtivement
De la mère à l’enfant, de l’enfant à la mère.

Et par ce beau soleil, flottait sur tout cela,
Je ne sais quoi d’ému que le printemps apporte ;
J’entendis le bonheur murmurer : "Je suis là…"
Et je sortis rêveur — en fermant bien la porte.

Édouard Jules Henri Pailleron (1834-1899), membre de l’Académie Française.

Journal des Instituteurs, Ă  la page 572, le 4 Septembre 1887.

JE PASSAIS ... 22 octobre 2010, madomi IP:87.67.82.95


merciii 1000 fois merci. ce poème, mon père me le disait tellement souvent et j’avais oubliĂ© la moitiĂ©... maintenant il est mort et j’ai enfin grâce Ă  vous pu tout retrouver, de tout cœur merci

JE PASSAIS ... 5 mai 2006, genou IP:81.249.42.63


Un texte très doux et serein. Belle image du bonheur. Amicalement Genou

JE PASSAIS ... 7 mai 2006, madomi IP:217.136.244.62


merci Genou, quoi de plus doux en effet .. :-)

JE PASSAIS ... 22 avril 2006, eden blu IP:213.36.108.150


c’est simple et fort bien écrit, on voit la scène
continuez Ă  nous apporter des pages de rĂŞve

JE PASSAIS ... 24 avril 2006, madomi IP:81.241.137.46


en fait c’est un poème que mon père racontait quand j’"tais petite et je n’ai jamais trouvé de qui il était... ça me plairait de le savoir
désolée mais c’est presque du plagiat :-(

Publicités