Impair de fils

Texte proposĂ© par : Paisansage le 8 août 2010

Impair de fils


Impair de fils
Appel du 18 juin 2006 Aujourd’hui c’est un grand jour. Une certaine excitation m’enivre dès le rĂ©veil. Je veux ĂŞtre lĂ , prĂŞt et prĂ©sent pour entendre une voix tendre Ă  mon cĹ“ur. Le ciel est bleu. Le soleil brille. Le pinson siffle son refrain aux moineaux dissipĂ©s. Très haut dans l’azur une alouette grisolle. Tout me semble beau en ce jour bĂ©ni d’amour. Je suis prĂŞt, j’attends. Un remerciement ? Une reconnaissance ? Non, un Ă©lan de cĹ“ur que des millions d’êtres, tout comme moi, vont recevoir aujourd’hui. Je suis prĂŞt, j’attends. Mon regard se perd dans les nues. Un sourire Ă©claire mon visage et mes pensĂ©es s’envolent dans un ciel de souvenirs. Je revois. Je revis les instants de sa vie. Mes moments de tendresse et de complicitĂ© qui l’accompagnaient, le protĂ©geaient. Je suis prĂŞt, j’attends…

Au fil des heures le ciel s’obscurcit et pleure ses larmes dans mon cĹ“ur qui se noie. Les hirondelles rasent les maisons. Le pinson ne chante plus. Les moineaux ne pĂ©pient plus non plus et l’alouette s’est tue. Le jour dĂ©cline. La nuit s’installe et m’envahit. Brrr… J’ai froid. La voix tant attendue est restĂ©e sans voix. Je ferme les yeux. Retrouve mes sombres nuages. Tiens ! Un hibou bouboule au loin. Je m’endors et sur la terrasse de mon attente, la flamme d’une bougie danse au vent du temps. Elle Ă©claire dans la nuit noire, les chemins de mes rĂŞves d’antan oĂą connivence et bonheur Ă©taient prĂ©sents.

Triste jour que ce jour sans appel oĂą un 18 juin 2006, un père n’attendait que ces simples mots : « Bonne fĂŞte papa ».

paisansage

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