Un gros homme assis à table, un livre à la main, son épouse toute frêle leu tend une cuillère emplie de soupe.
- Cela fait deux jours que tu ne manges pas, il est peut-ĂŞtre temps que tu prennes un peu de soupe.
- C’est quoi deux jours dans toute une existence ? Rien surtout que j’ai passĂ© ma vie Ă me remplir le ventre par contre la tĂŞte, je commence.
- Quelle drĂ´le d’idĂ©e a eu ton fils de t’apprendre Ă lire, Ă ton âge, c’est vraiment dĂ©raisonnable. Cela ne te servira Ă rien dans la tombe.
- Tu es bien prompte Ă me voir mort , j’ai encore des annĂ©es Ă vivre, Ă sentir ces livres dont je ne connaissais Ă peine l’existence.
- Ce n’est que fioriture pour des paysans comme nous, cela ne nous donne pas le pain de chaque jour.
- Du pain, du pain, tu n’as que ça Ă dire.
- Tu Ă©tais bien content de l’avoir avant.
- C’Ă©tait avant et puis J’ai assez travaillĂ© pour te donner ton pain, maintenant , je veux m’instruire, connaĂ®tre le monde, les pensĂ©es, la vie ailleurs que dans mon champ, je veux voyager.
- Voyager ? Tu es fou, comment veux tu voyager ? Au prix des trains.
- Je ne te parle de voyager par le train mais de partir dans l’imaginaire.
- L’imaginaire ? Pff ! C’est du n’importe quoi, si tu continues comme ça, je te mets Ă l’hospice.
- Enfin une parole sensée, comme ça tu me foutras la paix avec ta soupe , là -bas, ils me laisseront tranquille avec mon merveilleux livre.
- Mon pauvre tu es vraiment fou, puisque c’est ainsi, je vais de ce pas au marchĂ© discuter du prix du pain et m’en acheter un puisque tu refuses d’en faire.
- C’est ça et surtout prends ton temps, je ne suis qu’Ă la première page
