Lettre au Président...

Texte proposé par : JCJugan le 13 juin 2018

Lettre au Président...

... ou la Chronique du Vieil Observateur


Bonjour Monsieur le Président,

Depuis de nombreuses années, en fait ça a dû débuter sous le septennat du Président Chirac, je me suis toujours fait un devoir d’écrire à l’homme qui occupe à titre de locataire provisoire les locaux de la République sis à l’Elysée... Messieurs Chirac, Sarkozy et votre prédécesseur Monsieur Hollande, ont donc été informés de ce que j’avais sur le cœur mais, bien entendu, aucun d’entre eux ne s’est donné la peine de me répondre.
Je me console en me disant que Messieurs Jean d’Ormesson, Bernard Pivot et, quelques annĂ©es plus tĂ´t, Monsieur Bouvard, ont daignĂ©, chacun Ă  son heure, m’adresser quelques lignes suite Ă  mes courriers qui consistaient, il est vrai, en louanges et remerciements que je considĂ©rais mĂ©ritĂ©s.

Bref, pourquoi vous Ă©crire malgrĂ© tout, mĂŞme si la rĂ©ponse est improbable ?

Pour vous faire part du point de vue d’un septuagĂ©naire qui, sans avoir « fait » l’ENA ni mĂŞme passĂ© le sacro-saint baccalaurĂ©at, a pour lui l’expĂ©rience de l’âge, n’a jamais dĂ©pendu d’un parti politique, quel qu’il soit, encore moins d’un syndicat bien qu’ayant durant quelques annĂ©es Ĺ“uvrĂ© en Afrique pour le compte de la CFDT, la Compagnie Française de DĂ©veloppement Textile, aujourd’hui disparue.

Venons-en aux faits !

J’ai votĂ© pour vous, un peu par dĂ©faut mais aussi conquis par votre jeune âge et parce que vous promettiez, (ni gauche ni droite... ou si l’on prĂ©fère les deux confondues, ce que j’attendais depuis toujours !), une rĂ©forme en profondeur de ce petit pays aux quatre cents fromages qui prend depuis toujours l’Etat pour les Rois Mages !

On ne peut pas dire que durant cette première année vous n’ayez rien fait malgré l’opposition systématique des détracteurs professionnels représentés entre autres par des Messieurs Mélenchon, Martinez, et notre homme de lettres reconverti, Monsieur Besancenot si je ne me trompe pas, et d’autres seconds couteaux non moins virulents.

Dans l’ensemble je suis d’accord avec ce qui a été fait mais beaucoup plus dubitatif concernant certains projets...

- le service militaire comme vous le prĂ©voyez est, passez-moi l’expression, une connerie monumentale et hors de prix. Durant des annĂ©es, j’ai eu sous ma responsabilitĂ© des appelĂ©s Ă  l’époque oĂą ce Service militaire Ă©tait obligatoire pour une durĂ©e de douze mois...
Un très faible pourcentage en tirait un quelconque bénéfice sous forme d’une remise à niveau scolaire (lecture, écriture, calcul), d’un permis de conduire, voire d’une formation professionnelle pour quelques uns.
Les autres "s’emmerdaient" royalement et retrouvaient la vie civile avec une impression de temps perdu et un rejet généralisé de l’Armée.
Est-ce cela que vous recherchez ?
Restez-en au volontariat, c’est la meilleure solution sur tous les plans !

Pour ce qui est de l’Ă©cole et de la gĂ©nĂ©ration d’ados qui la frĂ©quente, je n’ai aucune expĂ©rience mais il me semble pourtant que...

- interdire le « portable » dans les Ă©tablissements scolaires est une mesure impossible Ă  mettre en Ĺ“uvre sur un plan pratique sauf Ă  isoler les dits Ă©tablissements en brouillant la rĂ©ception mais est-ce possible sur un plan technique et juridique ?

- Dans un autre ordre d’idĂ©e, mais toujours Ă  l’école, l’uniforme pour tout le monde, mĂŞme si ça ne concerne que le Primaire, est une mesure qui, Ă  notre Ă©poque, relève de l’utopie... sauf Ă  fournir aux frais de l’Etat de la « Marque » Ă  nos chères tĂŞtes blondes... C’est vous qui voyez mais je pense qu’il y a d’autres urgences !

- Enfin, et puisque c’est d’actualitĂ© avec l’Aquarius qui fait des ronds dans l’eau en attendant mieux, faites en sorte, s’il vous plait, qu’au niveau europĂ©en cessent ces querelles de bas Ă©tages concernant l’accueil des migrants dont personne ne veut et qui se noient en MĂ©diterranĂ©e dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale...

Ce ne sont bien sĂ»r pas les sujets qui manquent mais je vais m’arrĂŞter lĂ  pour l’instant en vous promettant de revenir de temps Ă  autre vous informer sur mon Ă©tat d’esprit et plus largement sur celui des Français !

Si votre cĂ´te est actuellement en baisse, ne vous inquiĂ©tez pas... Ca peut changer dès demain tant nos concitoyens sont versatiles !

Pour conclure sur un sourire, au lendemain de votre élection je m’étais adressé comme suit à ceux que j’appelle toujours...

Les naufrageurs

C’est un petit pays aux quatre cents fromages,
Un simple confetti perdu dans l’univers,
Avec ses qualités mais aussi ses travers
Au point de mélanger l’État et les Rois Mages.

Surfant sur la rancœur des ultimes suffrages
Quelques hurluberlus, objets de ce revers,
Usent de malveillance et de propos pervers
Pour mener tout un peuple au pire des naufrages.

De ces tristes bouffons qui réclament le grain
Avant les semaisons, je connais le refrain...
Rien ne sert de courir, attendons qu’il se vautre !

Il est jeune, il est vrai, mais pourquoi ce procès
Envers un Président chargé par les Français
D’une bien lourde tâche Ă  l’aune de la vĂ´tre ?

Laissons-le travailler et foutez-lui la paix !

Septembre 2017

Je n’ai pas changé d’avis car je mesure combien votre parcours est semé d’embûches et autres chausse-trappes.

Bon courage Monsieur le Président...

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