Bibliophage

Texte proposĂ© par : Freya le 3 décembre 2017

Bibliophage


Ah les livres, la lecture, tous les secrets et mystères contenus, dévoilés, exposés.

Tout d’abord, il y a le visuel de l’ouvrage. Je le regarde, j’en aime sa taille, son épaisseur, j’en apprécie sa couverture. Ce que ma vue découvre, donne envie à mon toucher d’aller plus loin.

Du bout du doigt, je le touche. Sa tempĂ©rature diffĂ©rente de celle de ma peau me procure un lĂ©ger frisson. Je le caresse doucement, lentement. L’envie de le prendre Ă  pleines mains aussi dĂ©licatement que possible. Son poids n’est jamais un dĂ©faut, mais plutĂ´t une manière Ă  lui de me dire « Je suis lĂ , je suis Ă  toi, pour toi ».

Je le tourne et le retourne. La couleur de sa tranche me donne une idĂ©e de la texture des feuilles qui la compose. Je suis toujours sensible Ă  leur qualitĂ©. A-t-il Ă©tĂ© beaucoup manipulĂ© ou non ? L’a-t-il Ă©tĂ© avec prĂ©caution ? Des coins de pages ont-ils Ă©tĂ© pliĂ©s, marquĂ©s, abimĂ©s ? Autant d’indications sur son histoire. Certaines blessures me font mal Ă  moi aussi, car j’aime les livres avec respect.

J’ose le porter à mon visage, le sentir. Doucement d’abord puis à pleins poumons s’il est neuf. Ah cette odeur particulière de l’ouvrage neuf. Jamais ouvert ou si peu. Une sorte de trésor qui ne demande qu’à être découvert.

Enfin, je le repose sur ma main droite, bien équilibré pour qu’il ne chute pas. Aussi légèrement que possible mon pouce gauche s’empare de l’angle bas de la couverture, l’écarte, puis ouvre.

La page de garde blanche, vierge de toute inscription. Il n’a pas été offert, ni dédicacé. Poursuivre mon aventure, en tournant les pages les unes après les autres. Le titre apparait avec le nom de son auteur, sa maison d’édition, son année de naissance, parfois même son mois.

Enfin, son contenu, sa raison d’exister est offerte à ma vue. Mes yeux parcourent les lignes, déchiffrent les mots, les phrases. Ils lisent au rythme de la ponctuation et des paragraphes. Mes neurones s’activent.

LĂ  il y a un moment crucial !

Est-ce que la magie va opĂ©rer ?

Aurais-je envie d’aller jusqu’au bout ?

Car parfois, le résumé nous attire comme un aimant, mais c’est un peu comme les bandes annonces des films. Il ne suffit pas d’un bon sujet. Si la musique, les acteurs et la mise en scène ne s’harmonisent pas sur nos fréquences, impossible de se laisser captiver et de poursuivre jusqu’à la fin.

Parfois, la magie est en demi-teinte alors je « triche », je regarde le dernier chapitre et lĂ  je dĂ©cide de poursuivre ou pas.

Mais peu importe … l’essentiel est de lire et il y a tellement d’ouvrages que je trouve toujours le suivant qui me fera vibrer.

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