A bâtons rompus...

Texte proposé par : JCJugan le 16 mai 2017

A bâtons rompus...


Drine et Mado au marché de vendredi dernier...

-  Alors Drine, qu’est ce tu penses de not’ nouveau PrĂ©sident ?

-  Ben ma foi, j’aime bien ce jeune homme, beau garçon en plus !

Tu sais Mado, depuis De Gaulle j’attendais quelqu’un qui me plaise bien, tu vois, un homme à qui tu peux faire confiance, et franchement je commençais à désespérer...
C’est vrai, quoi ! On en a pourtant connus quelques uns car je me rappelle de toutes les Ă©lections et de tous les PrĂ©sidents, mais çui-ci il est pas comme les autres…

Pompidou, le pauvre, il a pas tenu longtemps et c’est dommage car je crois qu’il Ă©tait honnĂŞte…

Après y a eu Giscard qui venait prendre le café chez des pokesden comme nous.
Pffff ! Comment qu’on dit dĂ©jĂ  ? Ah oui il Ă©tait lĂ  pour caresser le p’tit peuple dans le sens du poil, dĂ©magogie que ça s’appelle…

Et puis le Mitterrand est arrivé en 81… et je me souviens que j’ai pleuré.

-  T’as pleurĂ© pourquoi ? Ton dĂ©funt mari Ă©tait pourtant de gauche !

-  Oui, enfin il Ă©tait gaulliste avant tout rapport que sa famille Ă©tait de l’Ă®le de Sein et qu’Ă  cette Ă©poque on avait rien oublié… En boule qu’il Ă©tait, gast ! Tu te rends compte qu’y m’disait… En v’lĂ  un qu’a Ă©tĂ© dĂ©corĂ© de la francisque et qui va dormir Ă  l’ElysĂ©e ! Mais ousqu’on va ? Bon, c’est du passĂ©, mais tout d’mĂŞme… il a jamais digĂ©rĂ© et moi non plus !
Quand il a été élu la deuxième fois, Yffic était déjà mort. Ca lui aura fait un chagrin en moins…

Après on a eu Chirac ! Sympathique c’est sĂ»r et toujours prĂŞt Ă  caresser le cul… des vaches et pour nous autres de la campagne c’était un peu comme s’il Ă©tait de la famille. Pour ce qu’il a fait de bien autrement, et ben je sais plus trop… mais ça doit pas ĂŞtre grand-chose.

-  Le cul des vaches, le cul des vaches ! C’est pas lui qu’on appelait « Monsieur trois minutes tout compris » ? Faut dire que chez ces gensses lĂ  y a aussi des mauvaises langues. Bon, oĂą t’en Ă©tais ?

-  Ah oui, après Chirac… Ah ben on a vu arriver l’énervĂ© de Neuilly avec ses talons hauts ! Pas pire que les prĂ©cĂ©dents mais pas meilleur non plus ! N’a pas fait grand-chose pour les p’tites gens ! Magouilles et compagnie oui ! Y en a mĂŞme qui l’appelaient le Prince des casseroles, t’as qu’à voir !

-  Et pis le ptit dernier, Fanfan de Corrèze… Lui me dĂ©plaisait pas. C’Ă©tait pas un mauvais garçon mais il a pris le pays au pire moment et personne ne pouvait plus le blairer au bout de quelques mois ! Il a pourtant fait de bonnes choses mais ça on le reconnaĂ®tra que plus tard…

-  En effet, t’as encore bonne mĂ©moire pour ton âge… Pour le p’tit nouveau il va lui falloir du courage pour remettre de l’ordre dans la baraque !

-  Ah ça c’est sĂ»r ! En tout cas pour les dĂ©putĂ©s j’irai voter pour son camp, ah oui, ça c’est sĂ»r ! Pour une fois qu’y en a un qui veut rapprocher tous les Français, faut pas bouder son plaisir et surtout pas bouder les urnes non plus ! Tu sais qu’on lui cherche dĂ©jĂ  des poux dans la tĂŞte rapport Ă  sa femme qui est plus vieille que lui… Et alors ? S’ils sont bien ensemble ça regarde pas les autres, non ! Moi je l’aime bien sa Brigitte ! DistinguĂ©e, souriante et tout et tout qu’elle est…

Tu vois Mado, après les prochaines Ă©lections de Juin j’irai plus voter !

-  Ah bon, et pourquoi donc ?

-  Pourquoi ? Ma doue, parce qu’Ă  90 ans passĂ©s je vais laisser les jeunes dĂ©cider de leur avenir ! Moi j’ai toujours mis un bulletin dans l’urne pour vivre et mourir dans un pays libre.
A eux de savoir ce qu’ils veulent et de prendre la relève…

- Oui, bon, on verra, je te connais, Drine... Une femme de devoir que tu es avant tout !
En attendant tu passes Ă  la maison et je te garde pour manger. Y a un kik a farz qui mijote et avant on va boire un p’tit Porto Ă  la santĂ© de Brigitte et d’Emmanuel en leur souhaitant bon courage et bonne route !

Mai 2017

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