C’était en Afrique il y a bien longtemps,
Tu t’appelles Janvier, je n’ai pas oublié…
Gavroche des tropiques, petit garçon des rues,
Je revois ton sourire et tes cheveux crépus.
Plus de père, plus de mère
Mais solidaire avec tes frères,
Tu m’as conté ton histoire,
Celle d’un petit garçon noir.
Je me souviens de ce Dimanche matin
OĂą tu as mis tes pas dans les miens,
Du pont sur la rivière, du poste militaire.
Pendant des mois, tu as trotté à mes côtés,
Moi richement chaussé mais toi toujours nu-pieds.
Qu’attendais–tu, Janvier, de ce Blanc inconnu
Qui côtoyant la misère ne la voyait même plus ?
Qu’ai-je donc fait pour toi pauvre gamin sans toit ?
Peu de choses il est vrai, trop tard pour les regrets…
Quelque monnaie, de quoi manger,
Le nĂ©cessaire d’une rentrĂ©e scolaire
Sitôt vendu pour faire vivre tes frères…
Mais comment t’en vouloir ? Tant pis pour le « savoir » !
Qu’es-tu devenu petit garçon perdu ? Te souviens-tu du Blanc
Qui courait près de toi quand tu avais douze ans ?
Lui ne t’a pas oublié petit va-nu-pieds
Un jour peut-être… Qui sait ?
Tamchi afé*, Janvier…
Novembre 2001
* Bonne route
