Chairs Ă  canons

Texte proposé par : JCJugan le 14 juillet 2011

Chairs Ă  canons


Quelle connerie la guerre ! (Jacques PrĂ©vert)


L’arrachant à sa femme, à ses amours rêvées,
Pour le mener, soldat, sur ces terres crevées,
On l’avait appelé, comme on fait d’un féal,
Lui qui n’avait que paix comme seul idéal.

De l’horrible tranchée, inépuisable source
D’où fusaient les assauts, à l’aube, au pas de course,
Il songeait Ă  sa belle, Ă  son tendre frou-frou,
Oubliant un instant le présent de ce trou.

Quand pleuvaient les obus comme tombent les gouttes,
Il rĂŞvait au pays, Ă  ces chemins et routes
Qu’il parcourait, gamin, sans connaître la peur.

Puis quand l’ordre claquait, français ou germanique,
Le fusil Ă  la main comme l’angoisse au cœur,
Il repartait au feu dans une charge Ă©pique !

Juin 2011

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