Sous un ciel vide et noir où flottait l’astre blême,*
Entre piètre sondage et perte des trois a
Il cherchait sans succès un remède au problème,
Songea même à la Seine et puis se ravisa…
Allo ! Ne coupez pas, ici c’est Nicolas…
C’est urgent, passez-moi je vous prie Angéla !
Gutten tag, Nicolas ! Oui c’est la chancelière
Que vous nommez, dit-on, quelque fois l’usurière
Si j’en crois les cancans de certains malveillants.
L’heure n’est plus, Madame, aux propos de ruffians !
La France est aujourd’hui tout au bord de l’abîme
Mais il ne tient qu’à vous qu’elle soit à la cime.
J’ai perdu mes trois a, vous les avez toujours,
Et je compte sur vous pour me porter secours.
Qu’y puis-je Nicolas si votre maison brûle ?
Votre requête, hélas, frise le ridicule !
Si j’aide les Français, j’aide les Espagnols
Les Irlandais, les Grecs et tous les branquignols
Qui n’ont point surveillé de près leurs escarcelles !
Un mot de votre part et dès demain Bruxelles,
La banque européenne, aux milliards entassés,
Sauveront du péril nos pays endettés.
Nous n’en sortirons pas en affamant la Grèce,
En oubliant Platon, Sophocle et Périclès
D’autant que nous avons, comme sous Damoclès,
Un glaive suspendu sur notre tiroir-caisse…
Brisons là mon ami, le remords me harcèle !
Votre éloquence est grande et ma raison chancelle
Mais je ne puis céder face à ces arguments
Que ne comprendraient pas mes banquiers allemands
Et si demain j’acquiesce à la moindre requête
J’aurai sauvé l’Europe en y laissant ma tête…
Janvier 2012
* Ce vers est partiellement emprunté à Monsieur Guy de Maupassant que je remercie au passage.
