La femme du marin

Texte proposĂ© par : Roland le 10 décembre 2007

La femme du marin


La femme du marin sent que l’orage approche.
Et son regard se noie par delĂ  l’horizon.
Neptune ce matin s’est levĂ© du pied gauche.
Le ciel crie sa colĂšre au-dessus des maisons.

Elle voit ce bateau que l’ocĂ©an emporte,
Tirant dans son sillage son voile de mariée.
Et ces grands oiseaux blancs qui lui font une escorte,
L’absence sera longue plus qu’une Ă©ternitĂ©.

La femme du marin, traĂźne son vague Ă  l’Ăąme,
Blanches seront ses nuits aux rĂȘves aigres-doux,
Et le vide à venir sera son mélodrame.
Ce n’est pas le crachin qui mouillera ses joues.

Et si d’aucuns prĂ©tendent qu’elle n’est pas trĂšs sage,
Que l’odeur de sa peau parfume d’autres lits,
C’est pour mieux conjurer tous les mauvais prĂ©sages,
C’est pour mieux oublier la tristesse et l’ennui.

La femme du marin, navigue dans sa tĂȘte,
Des cĂŽtes de Bretagne aux Iles sous le vent.
On dit que dans son cœur il n’est nulle tempĂȘte,
Hormis ce mal amer pour celui qu’elle attend.

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