Le feuillu et le conifère(fable)

Texte proposé par : francois.creteau le 18 juillet 2011

Le feuillu et le conifère(fable)


fable sur la beauté éphémère


Le feuillu et le conifère

Le soleil ne venait plus le biser, il lui disait « Demain c’est la fin de l’étĂ©, changera ta parure »
Le feuillu savait qu’une saison encore il jouirait
Du bonheur de plaire en flamboyants tons d’ocre libéeé
Il se vint piétiner l’automne de la changeante nature
Pour garder sur nos yeux les feux du soleil caché

La prime froideur pris racine au seuil de automne
Dans le parc discret notre feuillu triste pleurait
Parsemait douillet le sol Ă  chaudes feuilles
Elles s’envolaient ça et là, caressant frivoles Chahutaient au passage un prompt apeuré
Ce bon gros chat paresseux qui lĂ  se pouponne

Le dépouillé et nu feuillu tranquille veillait
Il m’attrapa brusque, sur mon pressé passage
De sa branche morte, d’instinct il m’étourdit
Dans mon nuage serein, violentĂ© il s’enhardit « Toi, dis-moi, pourquoi mon vil habillage ? » « Jamais pour moi, l’attention des veillĂ©es »

Je flottais, mais compris ce pauvre incompris
Il était trop triste d’être dépouillé et si laid
Jaloux du voisin, le verdoyant et clair conifère
Qui de ses mille branches, indiscret s’affère
Se Joue sot de ma pensée outragée, là révoltée
Pour m’entraîner au sol en gestes mal appris

À la nuit des rêves son fantôme m’apparut
Sa torpeur l’assagit, de mots affables se livra « Je voudrai ĂŞtre beau, couvert de jolis mots » « ĂŠtre de la fĂŞte, partager les beaux cadeaux » « Cordial pour vous je serai ; chacun comprendra » « Me dĂ©sirer toujours, moi le fade feuillu perdu »

Le conifère sage, épia la malice du sonnet
Il interpella attendri le feuillu en ces mots « Tu es laid peut ĂŞtre ! En ce jour frais » « Mais sais-tu, ce qu’est la mort dorĂ©e » « Celle qui succède au bonheur des hĂ©ros » « Quand un noĂ«l d’illusion vous laisse croire adulĂ© »

« Laid es-tu en ce jour, mais beau demain » « Jeunesse renouvelĂ©, relais du grand dĂ©sir » « Habit nouveau de lumière, moral retrouvĂ© » « Toi le feuillu des printemps, tu vivras l’infinitĂ© » « Pour moi pas de joie vraie, seul sombre Ă  languir » « J’attends lĂ , la lame assassine du sauvage destin »

« Ne sois pas envieux de mon sort mortel « RĂ©jouis-toi de ta laideur en cet l’hiver fidèle » « Elle te fera atteindre le faste d’une beautĂ© » « Qui t’apportera des richesses insoupçonnĂ©es « A l’ombre gĂ©nĂ©reuse de ces dĂ©sirs pluriels » « Pour survivre Ă  tous ces jours de galas irrĂ©els »

Méfiez vous bonnes gens de croire que laideur
Peut vous faire mal aimé car la beauté éphémère
Ne vous laisse pas temps pour profiter du bonheur  ?C ?

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